LE TUI SHOU
OU "POUSSÉE DES MAINS"
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Le TUI SHOU, ou "poussée des mains", est une des étapes de l'enseignement du Qi Gong. On y développe le sens du toucher et on y apprend à contrôler l'axe d'un partenaire tout en maîtrisant le nôtre. On s'exerce ainsi à toujours bien placer le centre de gravité, qui est conditionné par le déplacement. C'est ce qu'on appelle en langage codé "maîtriser la notion du plein et du vide".
On peut s'y entraîner jusqu'à un âge très avancé.
Les techniques de Tui Shou se font par le contact des avant-bras.
On peut pousser, tirer ou déplacer quelqu'un avec les mains, les avant-bras, l'épaule ou le corps tout entier.
APPRENDRE À ÉCOUTER L'AUTRE :
Le Tui Shou est si important qu'un enracinement systématisé lui est consacré.
Dans la pratique du Qi Gong, les postures d'enracinement et la lenteur des mouvements de départ apprennent à mieux se connaître.
La pratique du Tui Shou permet de connaître un partenaire sans se dévoiler à lui. Le champ sensoriel du pratiquant et notamment le toucher, s'élargit. La force utilisée est semblable à celle d'un ressort qui se compresse ou s'étend dans toutes les directions. Ces directions sont : pousser en avant, tirer en arrière, monter, descendre, en ouverture, en fermeture, ainsi que les directions des forces en spirale.
Au cours des exercices de Tui Shou, diverses combinaisons de ces forces peuvent intervenir. Ces directions de force correspondent aux directions du déplacement : on avance, on recule, on monte, on descend on part vers la droite ou la gauche, on reste au centre ou on se délace en cercle. Les exercices de base se font en prenant contact avec une main sur place. Puis on utilise le déplacement linéaire.
On passe ensuite aux exercices à deux mains avec tous les types de force et de déplacement. Le but est de pousser, tirer et déséquilibrer l'opposant. Le délacement sert à amplifier ces techniques.
Les anciens disaient qu'avec le Tui Shou, on utilise la force de quelques grammes pour entraîner plusieurs centaines de kilos.
CONTRÔLER L'AXE :
L'adepte du Qi Gong, par la "poussée des mains", contrôle l'axe de son adversaire et protège son propre centre. Il ne s'oppose pas à la force de l'adversaire, mais, au contraire, l'utilise et la transforme. Il convient alors "d'écouter", sentir et comprendre le type de force émis par l'adversaire. A travers le contact et l'adhésion avec une partie du corps de l'autre, on arrive à "lire" sa force. Le toucher de la peau stimule les terminaisons nerveuses du système nerveux qui véhicule l'information jusqu'au cerveau.
Celui-ci analyse la quantité et les trajectoires de la force et dicte une réaction appropriée.
La force utilisée est élastique et souple, comme le fil de soie qui s'enroule...
Elle jaillit du pied puis, en suivant le principe du système articulaire fermé, se véhicule à travers la colonne vertébrale jusqu'aux extrémités du corps.
L'alternance de l'enracinement et du déplacement, les transformations incessantes des directions de force ainsi que l'utilisation de feintes afin d'obtenir des réactions attendues produiront le résultat escompté.

Deux pratiquants au cours d'un exercice de Tui Shou
ASSURER LE CONTACT : ADHÉRER, COLLER, RELIER, SUIVRE.
En prenant contact, on "adhère" aux mouvements du partenaire sans s'y opposer.
Puis on se "colle" sur ses mouvements en les accompagnant pour ne pas rompre le contact. A ce moment, on doit être très vigilant afin que le point de contact ne soit pas trop fort. Dans ce cas, la réaction serait ralentie. Si par contre, le contact est trop relâché, on perçoit mal les changements de force de l'autre. C'est ce qu'on appelle perdre la force. Ce qui s'ensuit est la perte du contact avec l'adversaire.
C'est le cas le plus grave car il est impossible dès lors d'agir en s'appuyant sur la situation de départ qui était le corps à corps.
Un autre principe consiste à "relier" les techniques comme un bambou qui plie sous le vent mais revient toujours à sa place.
Ne pas relier équivaudrait à perdre le contact.
Enfin, on "suit" les mouvements de l'adversaire sans s'y opposer. S'il est dur et raide, on reste souple et mobile; on arrive alors à le guider. S'il se déplace rapidement, on fait de même; s'il est lent, on s'adapte également à la lenteur.
Par l'entraînement des Tui Shou, on arrive par simple contact à connaître la force de l'autre, qu'on adapte à la nôtre.
Finalement, on réagit en considérant l'autre non plus comme un adversaire mais bien comme une partie de soi-même.